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Printemps 2011 : chaleur et sécheresse records

Provisoire et pourtant si éloquent. Le bilan climatique dressé par Météo France pour les premiers mois de l’année 2011 en dit déjà long sur ce qui nous attend cet été. Le mercure n’a jamais tutoyé les sommets avec tant de régularité depuis plus d’un siècle. Le printemps a tout simplement été exceptionnel : des températures moyennes bien au-dessus des normales et des précipitations quasi inexistantes. Premiers touchés, les agriculteurs ont beau pester : il est trop tard pour compenser les folies du climat. Et ce ne sont pas les quelques orages annoncés pour la fin de la semaine qui changeront la face d’une situation dramatique.


Évaporation et assèchement des sols

Trois phénomènes ne valent pas toujours mieux qu’un. Preuve en est avec ce malheureux concours de circonstances, qui a mené à la combinaison de plusieurs facteurs responsables d’une sécheresse jamais vue depuis 1959. Tout le territoire français a été touché, hormis la façade méditerranéenne, qui a pu capitaliser des abondantes pluies tombées en mars. Et depuis, plus rien ! Pas une goutte dans l’Hexagone. Au contraire, les pluviomètres ont pris de sérieux coups de soleil, alors même que l’hiver les avait tout juste remplis au niveau normal. Les nappes phréatiques, notamment dans le Nord et dans l’Ouest, ne sont d’ores et déjà plus en mesure de subvenir au besoin en eau des cultures céréalières.

Un bilan inhabituel

Même de mémoire de Poilu, on n’avait quasiment jamais vu ça. Jusqu’à début mars, il caillait encore sec dans les rues. Les températures étaient même légèrement inférieures aux normales de saison. Pourtant, dès l’équinoxe de printemps, le mercure a bondi, pour faire du mois d’avril le plus chaud du siècle après avril 2007. Rebelote en mai, avec des maximales jamais vues au cours du vingtième siècle. En pleine phase de croissance et de réveil après l’hiver, la végétation a vite consommé les quelques réserves accumulées par les sols. D’autant plus qu’il a plu à peine la moitié des valeurs saisonnières habituelles.

Changement climatique

On se demande forcément d’où nous vient cette sécheresse peu providentielle, qui a tout d’un cadeau empoisonné. La victime expiatoire est toute trouvée. Son nom, l’effet de serre. Réservés, les climatologues préfèrent jouer la carte de la prudence, en se gardant donc de tirer la sonnette d’alarme. Selon les statistiques, de telles périodes de sécheresse ont déjà eu lieu à de nombreuses reprises au cours de l’Histoire. Du moins depuis que l’on tient à jour des archives de relevés météorologiques.

Back to the future ?

Une telle tournure des événements est-elle représentative du climat qui règnera sur Terre dans l’avenir ? Malgré les émissions toujours plus massives de gaz carbonique, seul le sud de l’Europe serait davantage touché par des canicules. Les températures relevées en 2003 y constitueraient une moyenne plausible pour l’horizon 2070. Plus au nord, le temps varierait toujours, tout au long de l’année, avec à peine un degré de plus en moyenne. De ces variations diachroniques, on considèrera également l’aspect géographique : comme l’explique la NASA, les vagues de chaleur pourraient alternativement toucher l’un ou l’autre des cinq continents. Seul l’Antarctique, au prix de quelques milliers de kilomètres de banquise liquéfiés, resterait un paradis blanc.

Romain:
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